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J’ai calculé combien il me faut pour être heureux (et j’ai été surpris)

L’autre soir, en discutant avec un pote autour d’une bière, on s’est posé LA question. Celle qu’on se pose tous à un moment ou un autre mais qu’on esquive vite parce que c’est vulgaire d’y répondre. Combien il te faudrait, par mois, pour être vraiment heureux ? Pas riche. Heureux. Nuance.

Lui il a lâché un chiffre à 8000 balles. Moi je suis resté bloqué. Parce que dans ma tête, honnêtement, c’est beaucoup moins.

Et il se trouve que je suis tombé quelques jours plus tard sur plusieurs articles qui parlaient exactement de ça. Des experts financiers, des chercheurs, qui ont mis un chiffre sur le fameux « seuil du bonheur ». Et le montant qui revient, c’est autour de 2500 à 3000 euros nets par mois pour une personne seule. Franchement, ça m’a un peu bluffé. Je m’attendais à quelque chose de plus élevé, genre 5000 minimum vu comment on nous vend le rêve en permanence.

Le raisonnement derrière est assez simple en fait. En dessous d’un certain seuil, chaque euro supplémentaire améliore vraiment ta qualité de vie. Tu peux payer ton loyer sans stresser le 25 du mois, faire tes courses sans regarder le prix des yaourts, te payer un resto de temps en temps. Au-dessus de ce seuil, l’effet s’atténue à vitesse grand V. Passer de 3000 à 6000 euros, ça change ta déco et tes vacances, mais pas ton sentiment général d’être bien dans ta vie.

Ce qui compte, d’après ces experts, c’est surtout la marge. Le fait de pouvoir « penser librement sans problème financier », je crois que c’est comme ça qu’un des spécialistes le formulait. Et c’est ça qui m’a parlé. Parce que le bonheur lié à l’argent, ce n’est pas d’avoir plein de trucs. C’est de ne plus avoir à calculer.

Après il y a les petits plaisirs qui coûtent trois fois rien et qui font une différence énorme. Je pensais à un article que j’avais lu récemment qui expliquait qu’un plein d’essence, en le comparant au prix du même volume dans d’autres liquides (le vin, le parfum, même le jus d’orange fraîchement pressé dans certains cafés), c’est en fait extrêmement bon marché. On râle en permanence à la pompe mais le calcul est vertigineux. Ça remet un peu les choses en place sur ce qu’on considère cher ou pas — un peu comme réorganiser son espace pour changer de perspective : on croit que ça ne changera rien, et pourtant.

Et puis il y a l’autre versant, celui du plaisir pur, du jeu, du petit frisson qui ne rentre dans aucune case rationnelle. On peut décider un vendredi soir de s’accorder 20 balles pour se divertir, que ce soit un ciné avec pop-corn, un bar avec des potes, ou pourquoi pas faire un tour sur Alexander Casino pour tenter deux ou trois parties sans se ruiner. Ce genre de dépense « plaisir » contrôlée, c’est exactement ce que les études sur le bonheur pointent : ce n’est pas la somme qui compte, c’est le sentiment de choisir.

Le truc c’est que la plupart des gens, moi le premier, on court après un chiffre flou. On veut « gagner plus » sans jamais s’être vraiment demandé combien il nous faudrait pour arrêter d’en vouloir plus. Et c’est là que le piège se referme. Parce que si tu ne définis jamais ton seuil, tu passeras ta vie à courir.

J’ai fait l’exercice pour moi. Loyer, bouffe, transports, factures, un petit budget loisirs, une capacité d’épargne raisonnable pour dormir tranquille. Je suis tombé sur un chiffre autour de 2800 euros nets. Pile dans la fourchette des chercheurs. Pas de miracle, juste de l’arithmétique honnête.

Et le plus drôle, c’est qu’une fois que tu poses ce chiffre noir sur blanc, tu réalises deux choses. D’abord, que ce n’est pas un montant délirant, beaucoup de gens y sont ou pas très loin. Ensuite, que le reste (les augmentations rêvées, les gros bonus, le job mieux payé) ce ne sont pas des besoins, ce sont des envies. Et confondre les deux, c’est probablement la source numéro un du sentiment d’insatisfaction chronique.

Perso, depuis cette discussion avec mon pote, j’ai un peu changé de logiciel. Je ne dis pas que je vais refuser une augmentation hein, faut pas déconner. Mais l’idée que je suis peut-être déjà à peu près au niveau du « seuil du bonheur », ça fait un effet bizarre. Un peu comme si on m’avait dit que j’avais déjà gagné sans le savoir.

Bon, maintenant faut que je pense à le dire à mon banquier.